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Les Collections || Lagarde Henri, cheminot envoyé au STO à Erfürt


Mémoire orale de l'industrie et des réseaux

Rails & histoire

Collection : Vie et travail au quotidien pendant la Deuxième Guerre mondiale : mémoire et récits de cheminots.

Lagarde Henri, cheminot envoyé au STO à Erfürt

Témoin(s) : Henri Lagarde
Enquêteur(s) : Myriam Fellous-Sigrist
Date de l'entretien : 28 mars 2012
Lieu de l'entretien : Département de l'Aude
Durée de l'entretien : 02:50:00

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Présentation de l'entretien

Situation professionnelle dans la première moitié de la guerre

Départ pour l’Allemagne et vie quotidienne à Erfürt

Libération et retour à la SNCF

Les chemins de fer pendant la guerre et ses motivations pour répondre à l’Appel à témoins

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Il travaillait à la gare avec des Allemands comme le chef de gare, un ancien combattant blessé au cours de la Première Guerre mondiale et qui avait été soigné dans un hôpital français. Dans le triage il était le seul Français et travaillait avec trois Allemands. Il était chargé de faire de la maintenance et notamment le graissage des boîtes d’essieux. Parfois il fit « dérailler des trains » par de petits sabotages comme le remplacement de l’huile par du sable. Il a fait « de l’anti allemand tant qu’[il] pouvait ». Dans le camp il y avait 130 Français et dans les 12 baraquements il y avait également des Belges, des Hollandais ou encore des Russes d’Ukraine. Dans le camp la répression était sévère, il fut ainsi forcé comme tout le reste du camp d’assister à la pendaison de 4 hommes qui avaient volé pour manger, le rituel était le même pour les exécutions par balles. Avec ses camarades, ils avaient mis au point un système assez sécurisé pour pouvoir voler, essentiellement des vivres, ils s’organisaient en cercles concentriques successifs pour protéger et surveiller le noyau agissant. Ils s’entendaient bien entre Français venant de toute la France et c’est ainsi à une centaine qu’ils agissaient pour ces opérations. Les baraquements étaient répartis par nationalités et le camp n’était composé que de cheminots issus des différents pays d’Europe. Le camp pouvait être le théâtre de tensions, il se souvient notamment d’une partie de poker qui dégénéra en bagarre générale causant plusieurs morts.





Mots-clé
STO (service du travail obligatoire)
camp
nourriture
relations franco-allemandes
répression
sabotage
vol

Analyse réalisée par : Sylvère Aït Amour
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